LES ÉPOPÉES

 

La glorieuse Époque des minicoptères

Une première participation d'une équipe de colmariens à la 2° Coupe Internationale de Minicoptères du 11.09.1966 à Walldorf en RFA met en place la réputation du groupe de J.J. Miclo. Ce déplacement en autobus est pittoresque : tous les Minicoptères sont suspendus par des sandows entre les filets à bagages et l'ambiance est très chaude. A cette Coupe participent 150 concurrents.

Le 07.05.1967, le club colmarien organise la 3° Rencontre Internationale de Minocoptères à la quelle est invité son concepteur, F.W. Wûllner qui est accueilli par un essaim de 7 minicoptères tournoyant autour de lui. Ces engins dont le plan fut publié dans FMT N° 162, plan N° 476, sont des hélicoptères de vol libre propulsés par des Cox 0,8cc, structure en baguettes de balsa, hélice et rotor contrarotatifs. De construction légère et simple ils ont des qualités de vol indéniables et une grande stabilité. De multiples variantes sont le fruit de l'imagination curieuse des modélistes toujours à la recherche d'améliorations. Ce jour là, le colmarien Lucien Geiger se fait remarquer par son avion de chasse propulsé par une turbine entièrement faite maison et qui force l'admiration des allemands. Ceux-ci trouvent que décidément les modélistes colmariens sont à la pointe de la recherche aéromodéliste. Le vol du Delta-Gom du président Miclo clôture la journée qui a attiré un public très nombreux !

Le 08.09.68, Colmar récidive et organise la 4° Coupe Internationale de Minocoptères à laquelle participent 20 concurrents de Colmar, Darmstadt, Frauenfeld en Suisse. L'équipe de Colmar se classe 3° sous un soleil de plomb. A noter que le chronométrage est assuré par les épouses des concurrents (une idée à retenir?). Le meeting de l'après-midi comble plus d'un millier de spectateurs !!!

 

Les Barons de Wasenweiler

Cette grande famille de Barons encore vivace de nos jours connaît un épisode "craquant" dans cette période encore proche de l'après-guerre. Imaginez nos colmariens se rendant à une rencontre de Barons à Wasenweiler. Bien sûr, le clou de la journée est un combat aérien mettant en scène des appareils décorés de leurs cocardes ou de leurs croix : Noll (déco anglaise), JPS (déco allemande), Miclo (déco française) en décousent à mort. Bilan : appareil anglais abattu, puis appareil allemand abattu, JPS s'en sort victorieux avec ses cocardes et enchaîne les looping de victoire ! Suit un long silence dans la foule... et une réflexion de la part d'un pilote allemand : "vous auriez tout de même pu vous arranger autrement !" C'était un clin d'oeil à l'histoire ...

 

La gloire de la navette COLUMBIA (par Francois Petitjean )

"C'est avec plaisir que je prends ma plume pour retracer un des épisodes fameux de la vie du Club : la construction de la navette spatiale à l'échelle 1/10°.

Cette idée, farfelue s'il en est, a germé plus ou moins conjointement dans les esprits de notre regretté Fernand Munsch, de Fernand Iby et de l'auteur de ces lignes... A cette époque, la navette américaine défraye la chronique et lors d'une réunion préparatoire à la manifestation annuelle du Club, il est décidé de trouver quelque chose "qui sortirait de l'ordinaire" pour animer cette rencontre printanière sur notre terrain de Colmar maintenant transformé en zone commerciale !...

Ainsi, nous nous lançons à corps perdu dans la réalisation de ce modèle insolite tout au moins par sa taille. Jugez-en : 3,70m de long, 3m d'envergure, 1,70m de haut pour un poids total de 25 kg. La construction s'est faite en utilisant du polystyrène expansé (blanc à gros grains) découpé au fil chaud, profil d'aile Göttingen auto-stable, marouflage au papier krafft 110g, peinture à l'eau blanche sur l'ensemble et noir brillant pour les "tuiles thermiques"...

Les solutions techniques sont novatrices : clés d'ailes faites de manches à balai en bois s'insérant dans des tubes métalliques collés dans chaque demie aile, 2 servos pour chacun des 2 élevons, train d'atterrissage lui aussi à base de manche à balai et de roues de poussette-canne Baby-Relax... La propulsion est confiée à 4 moteurs de 10 cc 2 Webra, 2 Rossi dont la garde est confiée à notre ami Hans venu renforcer l'équipe comme motoriste.

Les documents utilisés pour la construction sont, j'en ai gardé un souvenir précis, un numéro de GEO consacré à la navette et un album de vulgarisation sur la navette à l'usage des garçons de 10-15 ans aux éditions des 2 Coqs d'Or ! Ceux-ci se révèlent suffisants pour réaliser un modèle somme toute assez réussi tout au moins sur le plan esthétique.

Plus la date du 14 Juin approche, plus la fièvre gagne les esprits et nous passons des nuits mémorables jusqu'à quelques fois 3H du matin à poncer du styro, préparer de la résine et décorer notre "idée folle". A l'approche de la manifestation la presse locale se fait largement l'écho de notre réalisation. Je retrouve, non sans émotion, pour rédiger ces lignes les articles et photos de l'époque.

Nous n'avons pu faire un essai de roulage et décollage que la veille du grand jour sur la piste de l'Aérodrome de Colmar Houssen qui nous est exceptionnellement et exclusivement réservée, tout trafic aérien étant interrompu pour la circonstance. Malheureusement, la navette avale toute la piste et en raison d'une position trop reculée du train principal, il n'est pas possible d'obtenir l'augmentation d'incidence d'aile nécessaire au décollage d'un delta, ceci malgré la vitesse respectable obtenue grâce à la vigoureuse poussée des 4 moteurs.

Nous sommes donc contraints de présenter notre modèle en "statique" seulement pour ne pas décevoir le public venu fort nombreux et prétextons des raisons de sécurité de vol et de problèmes techniques pour nous excuser de déclarer forfait.

Nous ne pouvons rester sur un échec ! Ayant débarrassé la navette de tout son système propulseur, nous décidons de larguer notre planeur, car c'est bien en fait sa vocation originelle, depuis une montgolfière pilotée par le regretté Roland Bousquet.

C'est ainsi qu'à la fin Juillet, nous nous retrouvons avec grande émotion sur le terrain de Houssen en train de suspendre le Navette sous un ballon qui l'emporte dans les airs jusqu'à 500m environ à la verticale du parking avion actuel. Fernand Munsch est aux commandes. Au top, décrochage de la navette qui environ 4 secondes plus tard passe sur le dos pour ne plus bouger de cette position "stable" vue la masse du fuselage se trouvant au-dessus de l'aile delta!... Notre pilote d'essai parvient cependant à la guider assez bien vers le Sud-Ouest du terrain où elle va se briser la dérive lors d'un atterrissage effectué dans cette position peu conforme. Yves Kohler a bien sûr filmé cette épopée et peut ainsi attester de la réalité de ce récit.

Peu de temps après, alors que nous avions déjà étudié les modifications à la lueur des expériences acquises, la navette est réduite en morceaux par des vandales qui pénètrent par effraction dans notre local où elle est stockée. Triste fin pour le fruit d'heures exaltantes où une simple idée lancée comme un défi a été matérialisée de belle manière.

Voilà brièvement résumée l'épopée de la Navette dont les anciens se souviennent avec émotion. Je suis convaincu qu'un tel projet pourrait être relancé avec succès, c'est à dire l'obtention d'un modèle ayant de réelles qualités de vol, en utilisant l'expérience accumulée lors de la construction et du vol de notre COLUMBIA.

 

Le jumelage

C'est aussi une bien belle histoire que celle de notre Jumelage avec le Club allemand de Knittlingen. Lisez plutôt :

A l'époque de la présidence de Jean-Jacques Miclo, le club se déplace beaucoup et loin. C'est ainsi que se tisse une amitié entre le club de Colmar et le Club de Knittlingen près de Karlsruhe. Un de ses responsables et pilote grandeur émérite, feu M. Wilfried Klinger avait fondé l'usine Wik constructeur de kits de modèles réduits et est devenu un excellent ami des colmariens. Ceux-ci ont d'ailleurs largement mis à profit les prestations en matériel de Wik... Puis les années passent, les présidents changent, les habitudes aussi. Longtemps plus tard, en 1987, Ulrich Koehler devenu président du club de Knittlingen a l'idée d'un jumelage avec un club français. Et c'est tout naturellement que les anciennes amitiés refont surface. Wielfried Klinger prend donc contact avec Jo Pfeiffer pour lui soumettre l'idée qui est accueillie avec enthousiasme par l'ensemble des colmariens. Une première rencontre au Fronholz en 1988 voit arriver un plein bus de nos futurs jumeaux accompagnés de leur épouses et enfants. Nous découvrons un Ulrich Koehler bon vivant plein d'énergie et très ouvert. Les modélistes passent une superbe journée de vol pendant que notre encyclopédie ambulante (JPS pour ne point le nommer) fait visiter Colmar et sa région aux non modélistes : le projet de jumelage est dès lors jugé réalisable. En 1989 ce Jumelage se concrétise officiellement lors d'une réception mémorable à la Mairie de Knittlingen, ponctuée de force discours et d'échanges de diplômes et cadeaux. La suite est tout aussi mémorable : le traditionnel meeting allemand voit débarquer chaque année une équipe de français bien décidés à faire la fête. Souvenez-vous de la soirée "révolutionnaire" de 1989 marquée par la choucroute, le Brie de Meaux et le vin de bourgogne. Certaines photos témoignent encore de la "chaleur de la nuit"... Il semble aussi que c'est le traditionnel concours planeurs de septembre (coupe Wik) de Knittlingen qui est à l'origine du penchant de certains d'entre nous pour la compétition F3I. Les amitiés se sont reconstituées entre les modélistes des 2 clubs et elles durent toujours.

 

Les tribulations françaises en Angleterre

L'histoire de notre club serait incomplète si l'on ne vous racontait pas les voyages en Angleterre dont une participation particulièrement marquante fut celle de tante Suzanne.

Le virus a été insidieusement inoculé par François Petitjean, anglophone et anglophile, qui nous fait un jour la proposition de guider un groupe dans ce pays bizarre où les voitures roulent à gauche et les gens parlent avec une pomme de terre dans la bouche comme on dit chez nous : il paraît qu'on voit là-bas des musées extraordinaires et des meetings comme on n'en voit pas ailleurs ! Un premier groupe part donc en 1980 pour 5 jours d'une extraordinaire promenade outre-manche. Les alsaciens étant plus que méfiant à l'égard de la gastronomie anglaise, les coffres des 4 voitures sont chargés à bloc de victuailles sans bien évidemment oublier le gros rouge (75 litres !!!), la bière en quantité et des roues entières de fromage (il paraît que le Saint Albray a gravé certaines mémoires...). Partis en campagne pour 5 jours , il fallait que l'intendance suive ! A Calais, embarquement pour une traversée très mouvementée en Ferry, puis changeant le volant de côté, cap sur Londres puis Old Warden où se trouve la fabuleuse Shuttelworth Collection. Après avoir écarquillé les yeux toute la journée devant les merveilles volantes qui nous sont présentées, nous allons finir de nous alourdir les paupières au Pub du village (2 km à pied de nuit, mais pas triste du tout!) et retour au terrain en braillant "Les Gaulois sont dans la plaine" pour le dodo sous tente. Bien sûr certains sont très marqués par ces couchers nocturnes : Alain Rey notre trésorier de l'époque a superbement bien dormi dans son "babygros" et heureusement seul sous sa tente, mais ce n'est que le matin au réveil qu'il s'aperçoit qu'en allant se glisser sous sa toile la veille il avait rampé sur une bouse de vache de première fraîcheur... D'autres n'apprécient pas du tout la convoitise des guêpes pour la confiture sur les tartines matinales, n'est-ce pas François ?

Suivent les visites très intéressantes des musées d'avion de Duxford, de Yovilton, du port de Southampton en bateau et surtout la visite exceptionnelle des réserves du musée de Carington où nous constatons combien les anglais sont conservateurs et méthodiques. Sur les étagères il y a de quoi reconstituer tout ce qui touche à l'aviation : de l'uniforme d'infirmière au B17. Et de fait nous avons assisté au ré-entoilage d'un biplan selon la méthode ancienne, travail entièrement fait à la main. Il y a là nombre de retraités et bénévoles qui se sont mis en tête de reconstruire à l'identique certain avions mythiques. Quelle bel ouvrage ! C'est d'ailleurs là que JPS se procure la peinture d'origine de son SE5A.

Avec une telle vendange de bons souvenirs, l'expérience ne peut qu'être renouvelée. Et c'est l'année d'après qu'arrive Tante Suzanne. Qui est donc tante Suzanne ? Un personnage aussi inoubliable que son neveu : j'ai nommé JPS. Cette brave dame de 75 ans d'un tonus extraordinaire et aussi bavarde qu'on peut l'imaginer, ayant eu vent de notre escapade anglaise, prend en effet le train en marche en 1982 et la voilà partie en goguette pour l'Angleterre avec une bande d'avionneux. Entassée au fond de la Fiat Rythmo d'Yves et noyée jusqu'au menton dans les bagages, elle a survécu jusqu'à Boulogne. Débarquée en Angleterre, c'est toujours elle qui au long des promenades précédait la troupe malgré son âge. Dormant royalement bien dans la R16 de C. Lupp, elle tenait tous les matins son journal des événements en vers alsaciens SVP. De retour de son périple, elle invite tous les participants à un compte-rendu du voyage autour d'un repas végétarien. Elle nous a quitté en juin 1995 agée de 88 ans, oubliant de se réveiller un matin de soleil...

 

La SHUTTELWORTH COLLECTION racontée par Francois Petitjean :

"Pour quelques anciens du Club ce nom à consonance britannique suffit à faire revivre de bons moments, voire des épisodes épiques vécus entre les années 1981 et 1988 lors de nos virées de l'autre côté du "Channel". A l'époque, point de tunnel, TGV ou autre navette permettant de s'affranchir du mal de mer. La traversée s'effectue uniquement en Ferry ou en Hovercraft (aéroglisseur en français ) et offrait donc l'occasion d'une mini croisière comme le dit encore la publicité sur les ondes de France-Inter ces derniers mois.

Ayant vécu en Angleterre en 1974, j'avais découvert cette version anglaise de la Ferté-Alais lors de différents voyages qui me menaient souvent jusqu'en Ecosse. Je n'ai pas eu beaucoup de mal à convaincre mes amis du Club, qui n'est pas encore Jean Mermoz, de tenter l'aventure au-delà des mers pour voir voler de vrais avions dans un cadre très "british" et découvrir en même temps les charmes de la perfide Albion.

Ainsi par expéditions de 2, 3 ou 4 voitures et aussi en camping-car les inévitables Schnur, Marot, Pfeiffer, Kohler, Iby, Rey, Lupp et d'autres quittent cette belle contrée d'Alsace avec tentes, pliants, force victuailles, appareils photos, camera pour rallier Calais vers la fin de Juillet ou à Pâques. La traversée de la Manche en ferry se déroule toujours dans de bonnes conditions. Nous ne connaissons jamais de mer réellement agitée, à mon grand soulagement car je ne suis pas particulièrement résistant au mal de mer. J'avais déjà expérimenté une traversée avec un vent de force 7 qui a duré 5 heures au lieu d'une et demi en temps normal et cette "épreuve" a suffi à me convaincre que je ne serai jamais marin.

Selon les années, le trajet s'effectuait d'un trait en quittant Colmar très tôt pour rallier le soir même Old Warden ou avec une nuit passée au camping de Canterbury, jolie cité médiévale du Sud-est de l'Angleterre dont la cathédrale gothique mérite une visite.

C'est à environ une centaine de kilomètres au nord de Londres, dans le Bedfordshire, près d'un village nommé Biggleswade que se situe l'aérodrome d'Old Warden, siège de la Shuttleworth Collection. La campagne au charme typiquement anglais est verdoyante et parsemée de petits bourgs aux jolies maisons blanches souvent couvertes de chaumes. Que ceux qui ont vu le très beau film de Joseph Losey "Le Messager" se souviennent des lieux dans lesquels court le petit garçon, héros de l'histoire... C'est tout à fait ce type de paysages.

Un groupe de hangars, des ateliers, une boutique,une cafétéria, de jolies barrières blanches en bois mais surtout un gazon de rêve, d'un vert tendre, couvrant les 2 pistes en croix (environ 600 m chacune) qui constituent l'aérodrome. Voilà comment se présente la Shuttleworth Collection.

Il se dégage de l'ensemble une ambiance toute particulière surtout lorsque arrivés le samedi soir, veille du Flying Day (Meeting) , on a la chance d'entendre tout d'un coup, derrière le rideau d'arbres bordant le pré servant de camping, la douce musique d'un Tiger Moth, d'un Dragon Rapide ou d'un Piper J3 se préparant pour quelques tours de piste dans le calme du soir.

Comment imaginer que le lendemain plus de 20000 personnes puissent envahir ce joli coin de campagne pour assister au "Flying Day" dont le programme est toujours une surprise révélée à 13h lors du début des vols qui ne cesseront qu'aux environs de 18h.

Nos avons rencontré là-bas des espagnols, des norvégiens, des tchèques et même des japonais venus tout spécialement de leur lointain pays ! Il est vrai que le spectacle est à la hauteur de la réputation de la collection qui compte une trentaine d'appareils allant du Blériot 1909 au Percival Provost des années 1960. Tous sont en état de vol et confiés aux mains de pilotes chevronnés et bénévoles, anciens de la Royal Air Force ou même de pilotes d'essai de British Aérospace, équivalent de l'Aérospatiale en France. A chaque meeting, de nombreux invités participent aux présentations : Jets de la RAF, hélicoptères, Red Arrows (patrouille acrobatique) voire Lancaster, Mosquito, Hurricane du Battle of Britain Memorial Fight ( pas besoin de traduction ! ), B17, B25 etc...

Les vols des avions très anciens sont subordonnés aux conditions météo mais quelle joie de voir évoluer un Blériot, un Bristol Boxkite, un Avro triplan ou autres LVG et Sopwith Pup tout droit sortis du film " Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines"...

Les souvenirs les plus marquants que je conserve de ces "Flying Day" sont pêle-mêle :

L'extraordinaire prestation des Red Arrows sur avions Hawk dont les mini d'altitude faisaient frémir et qui n'hésitaient pas à frôler la rangée d'ormes bordant la piste principale.

L'émouvante visite du Battle of Britain Memorial Flight dont le Avro Lancaster "City of London" passant lui aussi très bas dans toutes les configurations possibles, même avec la soute à bombes largement ouverte, ne cessait de recevoir des applaudissements du public.

Les passages en "straffing" (attaque à basse altitude ) du Spitfire Mark Vc aux ailes rognées terminés en ressource et "Victory rolls" (tonneaux de victoire). Le tout rythmé par l'envoûtante clameur du Rolls Royce Merlin !... les amateurs comprendront!...

La présentation du bombardier stratégique Avro Vulcan, sorte de monstrueuse raie Manta dont la voilure Delta aux courbes harmonieuses préfigurait le fameux Concorde.

Le vol gracieux en fin de soirée du Bristol Boxkite ( Farman construit sous licence en 1910 ), sorte de "cage à poules" dont la vitesse d'évolution rappelle plus un ancien cerf-volant de papier qu'un avion.

 

Je pourrais couvrir des pages d'évocations tant sont nombreux les souvenirs forts de ces démonstrations en vol.

Le spectacle est aussi dans le public dont le flegme et le sens de la discipline tout britannique ne manquent pas de vous surprendre. Vision d'un pique-nique près d'une Rolls Royce, sur une couverture écossaise ; anciens venus en Coupé Jaguar des années 30 aussi rutilant qu'au premier jour ; jeunes couples venus en Austin Mini modèle Break avec parements en bois ; échoppes des "marchands du temple" proposant brocantes aéronautiques, manuels de vol d'avions anciens, gravures, uniformes, etc... Le tout baigné dans une odeur d'oignons frits s'échappant des 2 roulottes "Snack" placées au milieu de la foule. Jean-Pierre Schnur peut vous confier ses souvenirs relatifs aux sandwich aux oignons qu'il n'avait pas hésité à goûter !...

Mais le soir, alors que la foule s'est retirée sans bousculade, il fait bon marcher jusqu'au bourg d'Old Warden pour aller goûter les pintes de bières locales au "Red Fox", merveilleux Pub traditionnel dont le Beer Garden, comprenez "Jardin à Bières" invite à la détente en goûtant la fraîcheur du soir.

Nos périples sur 5 jours en moyenne nous ont permis de découvrir des hauts lieux aéronautiques: musée de l'Aéronavale (Fleet Air Arm) de Yeovilton dans le Somerset, musée de Duxford où quelques uns d'entre nous se sont offert un vol en Dragon Rapide, musée de Hendon à Londres qui est à mon avis le plus beau du monde par la qualité des pièces présentées. D'ailleurs, nous avons pu visiter une année le "RAF museum reserve and restoration centre" de Cardington qui n'est pas accessible au public et découvrir les trésors soigneusement conservés évoquant 70 ans de l'histoire de la RAF ainsi que les appareils en cours de restauration. Le tout stocké dans d'anciens hangars à dirigeables aux allures de cathédrales !... Lors de cette visite, notre J.P.S. national s'est vu remettre 1 bon litre de peinture verte pour terminer son biplan Royal Factory S.E. 5 A. La couleur originale étant garantie par les spécialistes enthousiastes comme peuvent l'être les britanniques dès qu'ils eurent réalisé quel genre de "fanas" nous étions....

Mais il fallait aussi penser aux "accompagnatrices" telle Suzanne qui du haut de ses 75 ans nous avait donné une belle leçon de dynamisme et d'enthousiasme, et ne pas risquer l'over-dose de machines volantes.

C'est ainsi que nous pûmes visiter Londres bien sûr mais aussi Oxford, Windsor, Henley on Thames et beaucoup d'autres lieux qui tous donnent une vision de l'Angleterre telle qu'aiment à la montrer les brochures d'agences de voyages. Un pays ou parfois le temps semble s'être ralenti ou même arrêté pour le plus grand plaisir des amateurs de belles images et d'ambiances paisibles.

Voilà dans ces quelques pages un rappel de cette époque pas si lointaine où nous partions à la découverte d'autres espaces. Notre opérateur cinéma attitré, je citerai Yves Kohler, se fera, je l'espère, un plaisir de nous projeter un soir au Club, pour une soirée nostalgie, les films de nos pérégrinations outre-Manche.

A me souvenir de ces instants pour cet Info-Club, je me surprends à ressentir l'appel du large et il n'est pas exclu que l'on retrouve un de ces jours une équipe d'Alsaciens mêlée au public d'Old Warden pour venir goûter à nouveau à ces moments forts de notre passion pour les choses de l'air."

 

INFO : La collection fut commencée en 1928 par Richard Shuttleworth qui avait acquis un Blériot et un Deperdussin ainsi que diverses automobiles anciennes. Il avait alors établi que ce devait être une "collection vivante" où toutes les pièces devaient pouvoir être montrées dans leur élément. Donc en vol pour les avions.

Il trouva la mort en 1943 alors qu'il était pilote dans la RAF mais son oeuvre a été poursuivie sous la forme d'une Association "The Richard Ormonde Shuttleworth Remembrance Trust" qui gère le terrain, les restaurations d'appareils, les Flying Days (environ 5 par an) ainsi que le collège agricole qui fait partie du domaine comportant en outre un château et un très joli parc.

Le Championnat de maquettes RC de Grande Bretagne est souvent organisé à Old Warden en mai ou juin.

Avec ces voyages en Angleterre nous vient une nouvelle envie de voyager "modéliste". L'habitude est prise d'aller voir ailleurs. En plus des traditionnels meetings, ces déplacements en groupe nous mènent ainsi de nombreuses fois à la Ferté-Alais tant pour le meeting des avions grandeur que pour les meetings "petits gros", en Suisse pour la visite du Musée des Transports de Zurich et les fameux meetings de Sion et Bex, en Allemagne au Musée des Transports de Sinsheim et les meetings dont celui malheureux de Ramstein.

 

Epilogue

Voici retracée pour vous une longue et belle page d'histoire. Vous aurez peut-être remarqué que le cours de l'existence de votre club a été parfois bien tortueux mais que toujours la passion a eu raison des obstacles. Le ciment de tout cela est l'amitié qui fait se retrouver des gens mus par une passion commune. Et quels souvenirs accumulés !!! Alors souhaitons que Colmar connaisse encore pour de nombreuses années cette bande de fêlés qui s'amusent à défier les oiseaux ! L'histoire du Club n'est de loin pas terminée...

...raconté par Jean-Pierre, Hans, André, François et Jo