Article des Dernières Nouvelles d'Alsace

 

Les planeurs en piste

Plus de 80 aéromodélistes ont participé ce week-end à la rencontre internationale de planeurs remorqués, sur le terrain du Fronholz, à la sortie de Colmar. Les passionnés de modèles réduits se sont retrouvés pour sillonner le ciel en bonne compagnie.

De toutes les tailles. Le plus souvent blancs avec, parfois, les couleurs du pays dessinées sur la queue de l'appareil. Avec ou sans pilote de paille dans le cockpit. Les modèles réduits de planeurs ont envahi le week-end dernier le terrain militaire du Fronholz pour la troisième rencontre internationale organisée par l'Aéro-Modèles Club Jean Mermoz de Colmar. Et quel que soit leur gabarit, ces avions sans moteur poursuivent tous le même but : défier le plus longtemps possible l'apesanteur en profitant des alizés.

S'engouffrer
dans les courants d'air

 « Certains peuvent voler plus d'une heure. Tout dépend du temps », insiste René Krust, président du club organisateur. Dimanche, c'est grand soleil. Alors tout le monde veut profiter des bonnes conditions pour s'amuser. Les avions remorqueurs - à moteur électrique ou à essence - n'en finissent plus de décoller pour tracter les planeurs haut dans le ciel. Le balai est incessant et demande des précautions. Sur la piste de fortune, tracée avec des rubans, la vingtaine de bénévoles fait office de tour de contrôle et régule le flux des départs et des arrivées.
 « C'est bon, tu peux larguer », lâche un aéromodéliste. Désormais, c'est à lui qu'incombe la tâche de trouver les courants ascendants pour que le planeur ne rejoigne pas la terre ferme trop rapidement. Certains parviennent même à exécuter quelques figures comme des loopings ou des piqués. « On sent les courants. C'est une question d'habitude et d'oeil », explique Jean-Claude, un Montbéliardais qui apprécie le vol silencieux des planeurs depuis qu'il a dix ans. « Comme pour un avion, on se base sur trois axes : les ailerons, la profondeur et la dérive ». Un pilotage qui demande doigté et précision pour éviter le crash.

« Moi, dès que je peux
voler, je suis content »

Dans l'attente du décollage, les planeurs se mettent en file indienne.

Parmi les 80 aéromodélistes présents, on dénombre beaucoup d'étrangers : des Allemands (des clubs frontaliers) mais également des Suisses, des Hollandais et des Luxembourgeois. Sans oublier les Français venus depuis Toulouse ou la région parisienne. Quand on aime, on ne compte pas... les kilomètres. « C'est la première fois que je viens sur ce site. De la Suisse on n'a pas trop de route à faire », indique Thomas, un Zurichois qui a construit lui-même les ailes de son planeur. « C'est un bel endroit. En plus le temps est impeccable. Moi, dès que je peux voler, je suis content ». Comme tous les passionnés, c'est dans les hautes sphères qu'il prend le plus de plaisir.
 Dans « les stands », on parle technique et on admire le travail manuel des aéromodélistes. Et malgré la barrière de la langue, on trouve toujours les mots justes pour évoquer les performances des modèles réduits. Dimanche, toute la journée, les avions - de quatre à dix mètres d'envergure - ont zébré le ciel colmarien. Avec pour seul compagnon le vent et l'envie de leur pilote, télécommande à la main, de défier les lois de la nature.

J-T.W

Édition du Mar 28 juil. 2009

(Photos DNA - Christian Motsch)

L'aéromodélisme, une histoire de famille.