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Ça plane pour eux
Les modélistes envahissent le Fronholz. Le terrain militaire colmarien accueille jusqu'à ce soir une rencontre internationale de planeurs organisée par l'aéro-modèles club de Colmar. Une manifestation particulièrement rare en France. Les plus perfectionnées de ces maquettes atteignent dix mètres d'envergure et demandent jusqu'à 4 000 h de construction.

Attention,
terrain dangereux. Le visiteur est prié de regarder où il met les pieds. Ce
week-end au Fronholz, l'étourdi aura vite fait
d'écraser un planeur. Le risque existe bel et bien. Une bonne centaine de
modélistes s'est déplacée jusqu'au terrain militaire colmarien. Avec une
même envie : participer à la rencontre internationale de planeurs, organisée
par l'aéro-modèles club
Jean-Mermoz de Colmar. A chacun sa maquette. D'où un tapis de
planeurs sur le sol du Fronholz.
« Les réunions de planeuristes comme celle-ci,
juste pour le plaisir, sans compétition, sont assez rares, explique le
président des mermoziens, René
Krust. « D'où notre succès. Les modélistes
viennent d'Alsace, de toute la France, du Bénélux
et de Suisse. On vole, certes, mais on échange aussi nos idées. On progresse
tous ensemble. »
Deux heures de vol en jouant avec les thermiques
Au
bout de l'une des deux pistes du Fronholz, un
remorqueur accélère et tracte un planeur. Au plus fort de l'après-midi, les
rotations ne sont séparées que d'une minute. 400 décollages ont lieu sur la
journée. Quelques minutes plus tard, l'altitude souhaitée est atteinte,
entre 700 et 800 m, les deux appareils se séparent. Depuis le sol, le
modéliste actionne un crochet de largage. Chacun reprend sa liberté.
Pour le planeur, les choses sérieuses commencent. Le but du jeu est
simple : rester en vol le plus longtemps possible. En utilisant le vent et
les courants thermiques, certains réussissent à rester plus de deux heures
dans les airs. « L'expérience du modéliste joue, bien sûr, assure René
Krust. Mais il y a une part de feeling. C'est
inné, certains sentent mieux le vent que d'autres. »

Un planeur à 20 000 €
D'autres
préfèrent la voltige. Vrilles, tonneaux, boucles... Le champ d'action du
planeur égale celui de l'avion. Un grain de sécurité en plus. « On ne vole
pas au-dessus du public, signale René Krust.
Nous disposons d'une régie radio pour éviter que les fréquences utilisées
par les modélistes se chevauchent. Des bénévoles travaillent comme
aiguilleurs sur la plate-forme d'envol pour réguler le trafic et éviter les
collisions. »
Côté sécurité, tout est donc fait pour que les vols se déroulent sans
incident. Avec ses dix mètres d'envergure, le planeur a de quoi
impressionner. Les appareils les plus perfectionnés demandent jusqu'à
4 000 h de travail. Pour un coût de 20 000 €. Forcément, dans ces
conditions, le crash est redouté. Et vécu comme un drame.
Fin de vol, le planeur sort les aérofreins. Guidé par les aiguilleurs, le
modéliste pose son engin pour un atterrissage en douceur sur la piste. De
préférence...
J. G.
Édition du Dim 20 juil. 2008
